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Gabrielle, qui officiait derrière les fourneaux de l’estaminet, est partie régaler les anges depuis belle lurette, mais le virus de la restauration n’a pas quitté la famille. Apres avoir sauté une generation il a pris en grippe Bernard Gaillard l’un des petits fils de cette lignée d’épicuriens.
Ce colosse débonnaire aux airs de Raimu périgourdin avait d’abord choisi la terre. Mais une santé devenant fragile et les difficultés d’une agriculture ressemblant de plus en plus a une chasse aux primes l’ont convaincu de changer son fusil d’épaule. Par chance, sa femmme Monique adorait passer son temps en cuisine. Lorsque les gens de Saint-Rabier venaient chercher des poulets ou des œufs a la ferme, ils restaient souvent casser une graine. La porte restat entrebaillée durant 6 ans (presque 20 aujourd’hui). Ce sont les rugbymen du lardin qui l’ont ouvert toute grande en organisant leurs troisieme mi-temps au Grand Coderc. Depuis, cela ne desempli pas.

Bernard n’a pas eu le temps d’user ses culottes sur les bancs des écoles hôtelières, mais il sait qu’un client ,cela se ferre d’entrée. A peine a-t-il eu le temps d’arriver en haut des marches patinées du vieil escalier de pierres que le convive se voit offrir le bonjour du patron !
 
C’est un petit vin de buisson qui permet d’attendre la soupe fumante aux haricots. L’assiette des deux foie gras les paupiettes de canard les magrets farcis cuit sur la braise et leurs pommes de terres, les produits du pays dansent la sarabande dans les assiettes jusqu’au dessert.le boulegou est l’un des joyaux de cette maisons rabelaisienne.La recette de cette omelette flambée vient du fond des âges .monique en garde le secret comme s’il s’agissait de la formule commandant la dissuasion nucléaire. bocuse lui proposerait un chèque avec des guirlandes de zero qu’elle ne serait pas plus bavarde. Un cafe pas trop serre et un coup de gnole baptisée l’anesthesie terminent les agapes en guise de bourrade dans le dos.a la sortie, meme le portefeuille n’a pas envie d’etre leger .vin compris Monique et Bernard ne reclament que 130 Francs pour ce menu chasse migraine. Et pas de rond de jambe en sortant svp « on n'est pas là pour faire des manieres » ronchonne bernard en raccompagnant les maigres qui se lamentent sur leur regime. »s’ils mangeait davantage ,ils seraient sans doute moins stressés « !
Chez les Gaillard,le canard est superstar bernard en gave six milles par an.il en vend une partie, monique prépare les autres sans se lasser elle nourrit une passion sans limites pour ce volatile »dans lequel il n’y arien a jeter « sa chair ferme,son parfum musqué l’inspirent en permanence.
 
Elle n’est desormais pas peu fiere de le servir desossé et farci.quand elle en parle ses yeux lancent des feux d’artifice. »chez nous tout est frais »,rencherit bernard qui abat ses betes une fois par semaine. »les restaurateurs qui nous critiquent serait mieux avisés de faire moins de surgelé ». L’hiver il est prudent de reserver ,l’été ,c’est souvent complet une semaine a l’avance.quand on a mangé une fois au Grand Coderc,on brule d’envie d’y revenir avec des copains ...

Article paru dans Sud Ouest il y a une quinzaine d'années..
 
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